Yves Saint Laurent est enfin mort, et on ne peut que s’en féliciter et l’en féliciter, toutes sincères condoléances mises à part. C’est une incontestable victoire du prolétariat. Mais la presse unanime a essayer de nous faire pleurer à coup de gros titres qui tous proclamaient à peu près : “Cet homme a libéré les femmes”. Diable ! Voila qui mérite qu’on y regarde de plus près.
Et en y regardant de plus près pour essayer de comprendre, j’ai constaté qu’il avait inventé le smoking pour femmes très riches, et c’est à peu près tout. Y’a pas de quoi en chier une pendule. J’ai très bien connu l’homme qui avait inventé le vélo pour femmes riches et pauvres, je peux vous dire qu’il est mort dans la misère. C’était pourtant autrement utile et ça concernait beaucoup plus de monde.
Non, Yves Saint Laurent est tout simplement un maquereau de luxe qui a durant toute sa vie tenté d’aliéner les femmes avec la complicité de magazines comme ELLE, de grands financiers comme Pierre Bergé et d’industriels du luxe. La seule qui puisse décemment pleurer sa mort, c’est Catherine Deneuve, qu’il a habillé gratos pendant un demi-siècle.
D’ailleurs, à propos de ELLE, je vous colle ci-dessous leur incroyable édito-nécro, qui résume toute la connerie que trimbalent le monde de la haute couture et ses chiens de garde, sans commentaires parce que ça ne le mérite même pas.
Edito du 6 juin 2008 du site Web du magazine ELLE :
IL NOUS A TANT AIMÉES…
Yves Saint Laurent est mort. La France a perdu un artiste, la mode a perdu un génie et les femmes ont perdu l’homme qui les a émancipées des conventions étriquées de la couture pour mettre en scène leur liberté. Défilés après défilés, pendant cinquante ans de création, Yves Saint Laurent a révolutionné son temps. Une révolution de velours qui a bouleversé définitivement notre allure. A ELLE, c’est donc avec une infinie tristesse que nous disons adieu non seulement au couturier surdoué, maître incontesté de son époque, mais aussi à celui qui a su si superbement incarner la marche des femmes. Souvenons-nous des années 60, 70… Nous avions des rêves, une âme de fonceuses, envie que les choses bougent, besoin de nous affirmer, d’être autonomes, indépendantes. Yves Saint Laurent sera, bien plus que ne l’imaginent tous les sociologues qui dissertent sur l’héritage de Mai 68, celui qui traduira sur mesure cette aspiration en donnant à l’époque un style qui ne se démodera jamais. Non seulement il habille les femmes avec les codes masculins pour leur donner l’allure du pouvoir : smoking, costume, pantalon. Mais, paradoxe génial, il les rend du même coup plus élégantes et plus sexy que jamais en sublimant leur féminité. Un costume d’homme, oui, mais avec une blouse en mousseline transparente et des talons hauts. Une saharienne, bien sûr, mais lacée sur la peau nue.
Voilà pourquoi, plus qu’aucun autre, il a été LE couturier en phase avec les valeurs de notre magazine. Parce que nous sommes persuadées, comme il l’a si bien dit, que « les modes passent, mais le style est éternel » et que le vêtement doit être au service de la femme et pas l’inverse. Parce que le décalage, le mélange des genres, le masculin-féminin, le métissage sont depuis toujours les codes du style ELLE et qu’il est impressionnant de voir, au fil des pages de ce numéro spécial qui lui rend hommage, comme Yves Saint Laurent en a été le maître absolu. Tous ceux et toutes celles qui ont assisté aux défilés du grand couturier se souviennent de la jubilation des mannequins sur les podiums : ce sentiment, non pas d’être des créatures sublimes et irréelles sorties de l’imaginaire d’un créateur, mais d’être belles, d’être femmes, d’être magnifiées. Beaucoup plus que de la mode, Yves Saint Laurent avait la passion des femmes. C’est toute la différence. Lui qui, à l’instar de Coco Chanel, se moquait éperdument d’être copié et adorait voir ses modèles (ou leurs reproductions !) portés dans la rue par des inconnues, peut reposer en paix : l’esprit Saint Laurent soufflera dans la mode et dans la vie des femmes pour encore très longtemps. Merci, Monsieur Saint Laurent.
Valérie Toranian - ELLE
SI C’EST PAS DE LA GROSSE CONNERIE, ÇA !!!!!



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