sarkozykouchfooting.jpgAfghanistan, Georgie, OTAN…

Décryptage de l’avancée, à peine masquée,

de Sarkozy le conquérant à la botte de Washington.

Sarkozy, le menteur

Ayant raté la croisade en Irak, Nicolas Sarkozy, nouveau toutou de l’administration guerrière Nord-américaine, est parti en guerre… La France avec. D’abord en faisant allégeance à Bush tout au long de sa campagne électorale, tout en affirmant qu’il ne fallait pas faire la guerre en Afghanistan, pour ne pas faire trop peur.

VIDEO 1 :Pendant la campagne électorale

« La présence à long terme à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive » (Nicolas Sarkozy, 26 Avril 2007 )

Depuis, il a changé d’avis… « Seul les cons ne changent pas d’avis ! » me dites vous Monsieur Bernard-Henri Levy ?  Oui, c’est vrai, mais le problème, c’est que sur tous les autres sujets le président se gausse d’avoir été largement élu sur un programme clair, précis, honnête, qu’il a été élu pour faire ce qu’il avait dit… et tout le tintouin. Le président de la République est un menteur.  Permettez-moi, Monsieur Bernard-Henri Levy, de citer Michel Audiard  dans la bouche de Lino Ventura en tonton flingueur (pas l’oncle Sam, l’autre… ) : « Les cons ça ose tout, et c’est même à ça qu’on les reconnait ! »

Quelques mois plus tard, à la chambre des Lords en Grande Bretagne:

VIDEO 2 :En Grande Bretagne

Le président n’est pas seulement un menteur, c’est donc aussi un con… Et je suis prêt à le prouver devant un tribunal international (car en plus, ce con fait des procès quand on l’attaque, ce qui est assez peu élégant pour un chef d’Etat, même petit… Mais on n’attaque pas les gens sur leur physique, c’est pas bien. )

Vive la guerre !

Pour faire allégeance aux E.U de Bush ( enfin… la petite bande qui décide de faire la guerre partout dans le monde au mépris des fondements démocratiques dont ils se revendiquent sans rire), notre con et menteur de président enverra finalement 750 soldats supplémentaires en Afghanistan, qui ne manqueront pas de se faire tuer comme a prévenu le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner, prenant les devants pour la prochaine fois… Mais tout ceci n’est rien à côté du discret redéploiement des forces françaises dans le Golfe, prévue pour suivre docilement l’armée américaine en cas de guerre contre l’Iran. Effectivement, en Janvier 2008, Le président Sarkozy annonçait l’installation de 2800 soldats français sur le territoire de Abou Dhabi, en face de l’Iran… A suivre, donc.

Et c’est qu’il y prend gout le lascar ! En Mars 2008, il se permet même de jouer avec la menace nucléaire…Quelle angoisse ! Imaginez ce mec plein de tics nerveux s’approcher du bouton nucléaire…

VIDEO 3 : Sarkozy et le nucléaire

Propagande à l’arrachée

En Georgie,  quelques jours après le déclenchement des hostilités, en plein désastre français aux J.O,  l’élite des médias-assis-couché-pas-bouger se remontait le moral en vantant l’exploit diplomatique du président Sarkozy, ayant signé « un accord de paix à l’arrachée ! »… Une mascarade qui n’a même pas pris deux heures et qui a dû bien faire marrer les Russes.  Ils font le coup à chaque fois ces bons chiens de gardes qui nous servent les infos en boucle toute la journée, la plupart des doigts sur la couture ( et les autres, je vous laisse imaginer où). A part un journaliste sportif, aucun journaliste n’est censé découvrir ce qu’il se passe dans le monde le jour où il croit qu’il se passe quelque chose de nouveau… Et pourtant, presque toutes les rédactions de la grande presse (France Inter en tête, mais pas l’Huma !) nous a martelé pendant trois jours l’exploit du président, comme ici, au hasard :
-> Le point du 12.08.08 : Après un accord arraché à la Russie, Sarkozy veut convaincre la Géorgie

…ou, plus subtil, sur France 24, la chaine d’info dirigée par Christine Ockrent (la compagne du ministre des affaires étrangère !), où les titres des reportages sont en contradiction avec ce que racontent les envoyés spéciaux sur place :

->Voir reportage France 24 : Georgie-Russie : accord de paix

A ce stade du conflit, il fallait vraiment fouiller partout pour trouver des analyses qui expliquaient simplement la vraie position de la France dans ce jeu géopolitique. Les Russes sont les méchants, et peu de commentateurs se risquent à expliquer qu’avec l’enjeu  énergétique dans cette région du monde, la France n’est pas neutre. La France soutien les E.U. qui voudraient bien donner une leçon de démocratie aux Russes s’ils étaient moins fort : « Surtout, ne faites pas comme nous, bande de salauds ! »… Le président Français est venu en bon petit soldat de Bush.  Il fallait inspecter la presse écrite en détail pour trouver qu’est-ce qui avait déterminé l’agenda : L’adhésion de la Georgie à l’OTAN était prévu pour Décembre 2008…  Par ailleurs, les E.U. avaient annoncé l’installation d’une base anti-missiles (traduire : base de missiles bien sûr !) en Pologne et radars en République Tchèque… On n’est pas loin de la crise des fusées à Cuba en 1962.  Autrement dit « l’occident » mettrait les deux pieds au cœur du Caucase en faisant la nique au Russes ce qui, on peut le comprendre aisément, est difficilement acceptable de leur point de vue de salauds comme les autres.

->  Lire aussi : article sur Le Grand Soir 

Détourner l’attention

Mais revenons à l’autre front, celui de ce qu’on ne tardera pas à appeler « le bourbier afghan » et à nos pauvres petits soldats qui se sont fait injustement dégommé à la surprise générale.
Comment éviter le vrai débat, celui de la pertinence d’une telle stratégie de guerre ?
La technique est connue depuis la nuit des temps : Il suffit de détourner l’attention en créant une deuxième polémique, un leurre… Et la plupart du temps, ce n’est même pas la peine de s’agiter dans tous les sens, ça marche tout seul. Les journalistes foncent tête baissée dans les questions qui les préoccupent et qui vont bientôt préoccuper la France entière. C’est ce que Noam Chomsky décrit comme le cadre du débat :

« Dans les sociétés démocratiques, la ligne est comme l’air qu’on respire. Elle est sous-entendue, du coup, elle donne l’impression à tous les gens qu’il y a un débat très vigoureux. C’est très efficace comme système et ça marche beaucoup mieux que dans les systèmes totalitaires. » (in “Chomsky & Cie”

Le cadre du débat est planifié dans  « l’agenda », lui même fixé par nos dirigeant, et repris docilement par la presse en général.  Quand un évènement surgit brutalement dans l’actualité, il est urgent d’allumer un contre-feux, de fixer un nouveau débat, un os à ronger pour les chiens de gardes.   Et plus le débat est technique,  plus l’attention du public risque de se noyer dans des tas de questions secondaires et d’oublier les questions essentielles du style : « Pourquoi la France fait une guerre en Afghanistan ? »

Ça commence dans les JT, comme ici :

VIDEO 4:  Les raisons du drame

Ou encore comme ça :
VIDEO 5:  Le ministre de la défense face à la polémique

Toute la presse beugle d’une seule et même voix, tel le presque sérieux  quotidien Le Monde qui, outre le fait qu’il publie régulièrement les reportages bidonnés de BHL ( voir dossier de Rue89 ), s’embourbe dans des analyses systématiquement fidèle à « la ligne ».
Les questions idiotes pleuvent alors de partout comme dans le JT de TF1 « Les soldats connaissaient t’ils le terrain ?», « Etaient-ils entrainés ? » , ou encore dans ce remarquable article du Monde du 27.08.08 : « A-t’on envoyé des soldats trop jeunes et mal préparés dans une opération dangereuse ? », comme si on avait l’habitude d’envoyer au casse pipe des vieux généraux, ou de missionner des soldats bien préparés pour aller arbitrer une partie de pétanque…


Ça ne s’appelle pas « la guerre »

Puisque cette guerre est illégale, on ne l’appellera pas la guerre, mais un « drame », et on traitera le sujet comme s’il s’agissait d’une catastrophe aérienne (revoir la vidéo 4 )

Mais qu’est-ce qu’une guerre légale me direz vous ? Et puis de toute façon « la guerre c’est pas bien !? » s’offusque d’une voix lointaine la petite Ségolène au fond de sa classe….
L’article 35 de la Constitution française est précis : la « déclaration de guerre est autorisée par le Parlement »… Et ce n’est pas le petit président de la République qui doit décider seul et assumer des décisions idiotes en ricanant  comme ici :

VIDEO 6: Discours face au familles des soldats morts à Kaboul.

Cependant, notre président qui aime l’odeur du napalm au petit matin, ne va pas pouvoir s’enferrer tout seul très longtemps dans la machine de guerre infernale. Fort de ses soldats de l’UMP en rang à l’Assemblée Nationale et des députés PS divisés comme toujours, il se sent bien un petit débat parlementaire sur la question… ça aura lieu le 22 Septembre prochain, l’occasion pour chacun de montrer ses muscles et qui a des couilles pour partir en guerre contre l’axe du mal !

->Voir JT de 20H de France 2 du Mardi 26 Août 2008.

La guerre, ça tue.

C’est tout de même assez grotesque de s’étonner qu’allant à la guerre, on ne va pas se faire tuer…. Mais puisqu’on vous dit que ce n’est pas la guerre !!! Ah bon… Donc, c’est un drame, un accident, une bavure, une couille dans le potage.
Pourtant, la guerre, ça tue….  Et pas que des Français : Une dépêche reprise dans Le Monde du 24.08.08 annonçait discrètement que l’Otan enquêtait  sur un raid aérien du 22 Août qui aurait tué 76 civils dans l’ouest de l’Afghanistan ( bilan alourdi à 90 les jours suivant)… « La plupart était des femmes et des enfants » confirmait un communiqué du président afghan Hamid Karzaï  dépité. Alors que les portes paroles américains de l’opération “Liberté immuable” déclaraient, comme à l’accoutumée, qu’il s’agissait tous de terroristes, sauf cinq  ( Bilan donné par l’ONU : 60 enfants, 15 femmes, 15 hommes)… avant de vaguement accepter le terme de « dégât collatéral ».
Hamid Karzaï sait bien pourquoi il est dépité par ses amis américain… Il sait qu’à chaque massacre de civils (et il y en a toute l’année depuis des années), les rangs des talibans sont renforcés de nouvelles recrues qui n’ont plus rien à perdre. Et voilà une des principale raison qui fait qu’on ne peut pas faire la guerre en Afghanistan (et si on pouvait, les russes seraient au courant non ? Rappelez-vous… ils ont pris une déculotté en Afghanistan alors que les services américains soutenaient lourdement les talibans… ).

Et la position de la France dans ce genre de massacre ?
Bien sûr notre président Sarkozy  ne fanfaronne pas trop là dessus ( je l’ai déjà dit que c’était non seulement un menteur, mais un con en plus ? ),  mais le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées françaises, a estimé qu’il s’agissait d’une “bavure épouvantable, horrible, qui va à l’encontre des intérêts de la coalition. Ce genre de bavure nourrit les rangs des talibans”.    Et pourtant, il y en a toute l’année des bavures comme ça… C’est même l’essentiel des activités militaires dans la région.
Mais chez nous, comme ailleurs, le débat sur la mort de « bougnoules » à des milliers de kilomètres de là  ne déchaine pas les passions… Ce qui compte, c’est de ne pas voir de cercueils recouverts de drapeaux français rentrer par avion à la télé.

-> lire article « Dix soldats tués en Afghanistan : l’Elysée choisit les images » par Eric Cabanis )

« Ironie du sort » (comme disent les journalistes pour faire un bon mot alors qu’il n’y a vraiment pas de quoi)…   mais ça n’a rien à voir, Nicolas Sarkozy (vous voyez ? le con menteur et donneur de leçon en plus…)  s’est rendu à Maillé pour une opération de morale propagandiste, sans risques, afin d’ expliquer la civilisation contre « les barbares moyenâgeux » … afghans bien sûr.

VOIR VIDEO 7 massacre de Maillé

Mais alors si on ne peut pas faire la guerre, qu’est-ce qu’on fait ?

Moi j’en sais rien, mais il faut pas être sorti de St Cyr justement pour comprendre que dans ce monde, si on ne peut pas toujours casser la gueule aux méchants sans les renforcer automatiquement, il n’est pas très judicieux de massacrer tout le monde et sa mère pour que quelques uns s’en mettent plein les poches, en empêchant, de fait, les vraies actions de solidarité sur le terrain.  C’est  peut être simple comme analyse, mais la guerre impérialiste ne rapporte qu’à une poignée de gens peu fréquentables…

Washington se garde bien de tenir les comptes sur le nombre de civils tués en Afghanistan et en Irak, mais les rares observateurs qui arrivent à s’approcher de ces zones ravagées dressent des bilans pas très glorieux et en constante dégradation sur à peu près tous les champs qui étaient présentés au départ comme des bonnes raisons de faire la guerre (désamorcer des groupes dangereux,  sécuriser la planète, sauver des vies,  rendre la liberté aux opprimés,  et globalement améliorer la vie des gens…)

Selon une enquête menée par l’économiste américain Marc W. Herold, à partir témoignages de travailleurs humanitaires et de journalistes, plus de 3 700 civils auraient été tués  rien qu’au cours des huit premières semaines de combats en Afghanistan, il y a sept ans.   Pas facile à mesurer,  mais difficile en tout cas d’expliquer au peuple afghan qu’on va lui amener la formidable Démocratie occidentale à coup de bombes dans la gueule.

Ps: A l’heure où je termine cet article un “convoi humanitaire” , composé de navires de guerre américains est arrivée dans les ports Georgiens…

-> Compléments :

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