Suite à la publication sur ce site de mon article “Pas de cessez le feu honteux à Gaza, guerre totale contre Israël”, la LICRA a engagé une manoeuvre d’intimidation pour que cet article soit censuré. Il ne le sera pas. Plutôt que d’encourager le débat, la LICRA veut faire taire toute dénonciation des exactions terroristes de l’Etat d’Israël, et surtout toute dénonciation de la complicité des Juifs du monde, pour qui cet Etat a été créé par l’ONU en 1948. Voyez ci-dessous la mise en demeure envoyée par la LICRA, puis ma réponse, ainsi que quelques liens vers d’autres articles qui éclairent ce débat. Tout ceci n’engage que moi, et non pas l’association Le Dispositif (issue de la télé libre Zalea TV) qui édite ce site de libre expression.
LA MISE EN DEMEURE ENVOYÉE PAR LA LICRA :
From: Service juridique <juridique@licra.org>
Date: 2009/3/10
Subject : signalement LICRA
To: contact@demerdez-vous.org
Madame, Monsieur
Nous vous signalons un contenu illicite diffusé sur votre site à l’adresse suivante : http://www.demerdezvous.org/2009/01/18/pas-de-cessez-le-feu-honteux-a-gaza-vive-la-resistance-du-peuple-palestinien/
Notamment trois passages constituent des infractions au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse en raison de leur incitation à la haine raciale et à la violence. Il s’agit des passages suivants :
“Il faut maintenant continuer à balancer de plus belle des roquettes sur Israël.”
” les Juifs sont vraiment des gros nazes, et je sais de quoi je parle”
“que l’ONU raye ce pays de la carte ” en parlant d’Israel.
En vertu de l’article 6.I. 7 de la loi du 21 juin 2004 pour la confiance en l’économie numérique, les hébergeurs doivent concourir à la lutte contre les activités illicites sur internet, et notamment contre les infractions à la loi du 29 juillet 1881.
Nous vous demandons donc de retirer cet article de votre site.
Je vous prie de bien vouloir considérer la présente comme valant notification au sens de l’article 6.I.5 de la loi pour la Confiance dans l’Economie Numérique du 21 juin 2004.
Désormais bien prévenus du caractère illicite des propos en cause, il vous appartient de prendre « promptement », selon les termes de la loi, toutes les mesures nécessaires pour retirer l’article litigieux publié par cet internaute. A défaut, vous engageriez votre responsabilité.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’expression de mes salutations distinguées.
Le service juridique
LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme)
42, rue du Louvre
75001 PARIS
01 45 08 08 08
MA RÉPONSE A LA LICRA, SANS HAINE NI VIOLENCE :
D’abord, après avoir relu l’article “Guerre totale contre Israël”, je dois dire que je le trouve très bien, rien à enlever, c’est exactement ce que je voulais dire au moment où des centaines de civils, dont beaucoup d’enfants, étaient assassinés dans le ghetto palestinien de Gaza par l’armée israélienne. Mon idée de départ était : les appels à la paix ne servent à rien et n’ont jamais servi à rien, surtout à l’égard d’Israël, le plus “voyou” des “Etats voyous” de la planète. Essayons donc les appels à la guerre, selon le bon vieux principe jamais démenti : “si tu veux la paix, prépare la guerre”. Et appliquons à Israël la Loi du Talion (recommandée par la Torah) tout comme Israël applique cette loi aux Palestiniens (avec une innovation toutefois : 100 oeils arabes pour un oeil juif, 100 dents arabes pour une dent juive, même si elle n’est pas en or).
Il me parait légitime d’utiliser contre Israël la même stratégie que celle qu’Israël utilise contre les Palestiniens : la stratégie de la terreur. N’oublions pas qu’Israël est dirigé depuis sa création par des militaires ayant pour la plupart pratiqué le terrorisme puis le crime de guerre contre les populations arabes, sans parler de la torture, du déni de droits, du racisme d’Etat, de la corruption et pour finir, du crime contre l’Humanité. Ce sont des durs à cuire, il va leur falloir une sacré punition pour les mettre hors d’état de nuire, un “Qui aime bien châtie bien” carabiné. Parce que les vrais ennemis d’Israël et des Juifs, ce sont eux, en réalité. Leur sionisme martial est en cela un véritable antisémitisme. J’espère qu’un Tribunal Pénal International l’établira un jour…
Je trouve aussi que la vanne : “les Juifs sont vraiment des gros nazes parce que quand ils n’ont pas de pays, ils se font tuer par tout le monde, et quand on leur donne enfin un pays, ils se mettent à tuer tout le monde”, est une bonne vanne, comme les vannes sur la connerie des Belges et des Suisses de Coluche et consort, comme les sketches sur les Juifs de Pierre Desproge et de Raphaël Mezrahi, et comme les histoires juives où les Juifs n’arrêtent pas de se moquer de leur propre connerie (j’ai une anthologie kasher des histoires juives que se racontent les Juifs entre eux, c’est accablant d’antisémitisme primaire ! Je l’amènerai au procès que la Licra me fera peut-être, à moins que leur déroute au terme de leur procès absurde contre Siné les fasse enfin réfléchir…).
L’humour juif n’est fait que d’auto-dérision et d’auto-dénigrement. C’est ma culture. Car si je ne suis pas juifs d’après les lois de l’Etat d’Israël (seul mon père est juif), je le suis d’après de nombreux Juifs et d’après tous les antisémites, et je le suis suffisamment aussi pour bénéficier sans aucun piston des lois anti-juives de Vichy et du Troisième Reich si elles revenaient à la mode, si bien que je ne sais plus à quel Fürher me vouer, à la fin. Et puis j’ai beau dire que je ne suis pas juif, personne ne me croit, avec ma tronche et mon blaze. Vous verrez que le Tribunal ne me croira pas non plus, ou à moitié seulement… Un métis noir-blanc est considéré comme un noir par les blancs, cf. Obama, et un métis juif est considéré comme un juif par les goys. Et puis, qu’on soit noir ou juif, on ne l’est que par le regard des autres, qu’on l’accepte ou qu’on le refuse. Je suis donc un juif non-juif, un faux vrai juif.
D’après le Larousse : “naze (ou nase) : idiot, stupide ou un peu fou”. Quand je suis allé à Treblinka, c’est exactement de “nazes” que j’ai traité les cendres de mes dizaines d’ancêtres polonais restés dans le ghetto de Varsovie jusqu’à l’extinction des feux. Oui, je les ai engueulé. Ils auraient pu tranquillement quitter la Pologne des pogroms dans les années 20, comme mes grands parents, et augmenter (un peu) leur chance de survie. Mais c’était des optimistes, des imbéciles heureux. Et bien je vous assure que je n’ai entendu aucune cendre me traiter d’antisémite. La part de moi qui est juive à le droit de traiter les Juifs de gros nazes, mais la part qui ne l’est pas n’a pas le droit. De Gaulle n’avait pas le droit de traiter le peuple juif “d’arrogant et dominateur”, il l’a fait pourtant, mais il avait le droit de traiter les Français de “veaux”, et il ne s’en est pas privé. C’est comme ça. Mais ce statu quo débile est-il acceptable pour autant ?
La loi de 1881 sur la presse, invoquée par les kapos de la LICRA pour me dénoncer aux Allemands d’aujourd’hui, est une très bonne loi, et c’est sans doute grâce à elle qu’il n’y a eu que 73.000 juifs (un sur trois) raflés en France et déportés par l’Etat français pendant la seconde guerre mondiale avec le soutien actif de la presse légale, mais sans haine raciale et sans appel à la violence, comme chacun sait. C’est grâce à elle aussi, sans doute, que les guerres d’Indochine, d’Algérie, les massacres de Sétif, de Madagascar, du 17 octobre 1961, etc… se sont déroulés sans haine raciale et sans appel à la violence dans les médias. Cette loi de 1881 est un pas de géant pour la civilisation, un truc qui a enchanté le XXème siècle, le siècle le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité… et le plus hypocrite aussi.
Lehaineux est mon pseudo depuis 1981, mais je n’ai jamais caché que je m’appelais Fiszbin, et d’ailleurs je suis enregistré officiellement à la SACD en tant que “Fiszbin alias Lehaineux”. C’est aussi ce qui est écrit sur ma carte de cyber-journaliste. Pas question pour moi de me planquer derrière ce pseudo, j’ai des coupures de presse datant de Carbone 14 où cette info était déjà rendue publique. Ce pseudo est une marque et non pas un masque. Et quand les chiens de garde du judaïquement correct était intervenu auprès du CSA pour dénoncer comme antisémite un sketche des Imbéciles Associés diffusés par Zalea TV sur Canal Satellite, je les avais aussitôt appelé à visage découvert pour mettre les points sur les i et on n’avait plus jamais entendu parler d’eux. Les chiens de garde du dictateur tunisien Ben Ali étaient plus coriaces : ils avaient réussi à faire cesser nos diffusions d’émissions de l’opposition démocratique et laïque par satellite vers la Tunisie.
Pour information, je vous ai collé ci-dessous un article du Monde, en pages Débat, pour lequel la LICRA n’a pas porté plainte à ma connaissance. Il me semble aussi qu’un Appel intitulé “Pas en notre nom” signés par des personnalités juives anti-sionistes a été rendu public au moment de la dernière invasion meurtrière du Liban par Israël. Tout cela n’a pas empêché la droite et l’extrême droite va-t-en guerre et raciste de revenir au pouvoir en Israël au terme des dernières élections. Oui, les Juifs d’Israël et du monde entier sont des gros nazes de ne pas se rendre compte qu’ils creusent leur propre tombe en soutenant la politique de terreur de l’Etat d’Israël, qui se vante d’agir en leur nom à tous, car c’est à tous les Juifs du monde que l’ONU à fait cadeau de ce pays en 1948. Gloire quand même aux 5% des Juifs du monde qui refusent de soutenir la politique d’Israël (d’après le CRIF), et aux quelques uns qui parmi eux disent publiquement : “Pas en notre nom”.
Michel Fiszbin, alias Victor Lehaineux
EFFACEZ LE NOM DE MON GRAND-PÈRE A YAD VASHEM
Article de Jean-Moïse Braitberg paru dans l’édition du Monde du 29.01.09
Monsieur le Président de l’Etat d’Israël, je vous écris pour que vous interveniez auprès de qui de droit afin que l’on retire du Mémorial de Yad Vashem dédié à la mémoire des victimes juives du nazisme, le nom de mon grand-père, Moshe Brajtberg, gazé à Treblinka en 1943, ainsi que ceux des autres membres de ma famille morts en déportation dans différents camps nazis durant la seconde guerre mondiale. Je vous demande d’accéder à ma demande, monsieur le président, parce que ce qui s’est passé à Gaza, et plus généralement, le sort fait au peuple arabe de Palestine depuis soixante ans, disqualifie à mes yeux Israël comme centre de la mémoire du mal fait aux juifs, et donc à l’humanité tout entière.
Voyez-vous, depuis mon enfance, j’ai vécu dans l’entourage de survivants des camps de la mort. J’ai vu les numéros tatoués sur les bras, j’ai entendu le récit des tortures ; j’ai su les deuils impossibles et j’ai partagé leurs cauchemars.
Il fallait, m’a-t-on appris, que ces crimes plus jamais ne recommencent ; que plus jamais un homme, fort de son appartenance à une ethnie ou à une religion n’en méprise un autre, ne le bafoue dans ses droits les plus élémentaires qui sont une vie digne dans la sûreté, l’absence d’entraves, et la lumière, si lointaine soit-elle, d’un avenir de sérénité et de prospérité.
Or, monsieur le président, j’observe que malgré plusieurs dizaines de résolutions prises par la communauté internationale, malgré l’évidence criante de l’injustice faite au peuple palestinien depuis 1948, malgré les espoirs nés à Oslo et malgré la reconnaissance du droit des juifs israéliens à vivre dans la paix et la sécurité, maintes fois réaffirmés par l’Autorité palestinienne, les seules réponses apportées par les gouvernements successifs de votre pays ont été la violence, le sang versé, l’enfermement, les contrôles incessants, la colonisation, les spoliations.
Vous me direz, monsieur le président, qu’il est légitime, pour votre pays, de se défendre contre ceux qui lancent des roquettes sur Israël, ou contre les kamikazes qui emportent avec eux de nombreuses vies israéliennes innocentes. Ce à quoi je vous répondrai que mon sentiment d’humanité ne varie pas selon la citoyenneté des victimes.
Par contre, monsieur le président, vous dirigez les destinées d’un pays qui prétend, non seulement représenter les juifs dans leur ensemble, mais aussi la mémoire de ceux qui furent victimes du nazisme. C’est cela qui me concerne et m’est insupportable. En conservant au Mémorial de Yad Vashem, au coeur de l’Etat juif, le nom de mes proches, votre Etat retient prisonnière ma mémoire familiale derrière les barbelés du sionisme pour en faire l’otage d’une soi-disant autorité morale qui commet chaque jour l’abomination qu’est le déni de justice.
Alors, s’il vous plaît, retirez le nom de mon grand-père du sanctuaire dédié à la cruauté faite aux juifs afin qu’il ne justifie plus celle faite aux Palestiniens. Veuillez agréer, monsieur le président, l’assurance de ma respectueuse considération.
Jean-Moïse Braitberg
QUELQUES AUTRES ARTICLES A LIRE ABSOLUMENT :
“La deuxième mort du Judaïsme“, d’Eric Hazan :
“Aujourd’hui Gaza, demain Massada ?“, de Rony Brauman :
“La dangereuse confusion des Juifs de France“, par Eyal Sivan :
“Des antisémites partout ? On se calme…“, de Pierre Hasky :
“Destruction de Gaza : trois idées simples“, de Jean Bricmont :
“Gaza : les témoignages accablants des soldats israéliens“, dans Libération le 19/03/09



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