philippeval1.jpgEnfin nommé à la tête de la radio nationale France Inter, Philippe Val avait bien mérité cette reconnaissance du plus haut sommet du pouvoir (entre 1,62 m et 1,68 m selon les sources).   Retour sur un “hommage”  publié ici en Novembre 2008.

« Reviens, Voltaire, ils sont devenus fous » est le titre du dernier signal d’alarme tiré par Philippe Val.  Philippe Val est un gars extraordinaire. Un mec qui gagne à être connu. Le genre d’individu utile pour révéler ce qui, chez d’autres, s’exprime de façon plus complexe.   Depuis « l’affaire Siné » on s’est un peu acharné sur lui, comme par réflexe… Mais on en viendrait presque à oublier pourquoi il nous faire tant rire. Un exemple de sketche : Son acharnement à lui sur Noam Chomsky. (vidéo)

C’EST UNE CARRIERE RATEE ?

Je me suis toujours demandé si chez des gars comme Philippe Val, animés par les mêmes obsessions de justiciers d’un certain ordre de la pensée (par exemple, au hasard :  BHL, Filkie, Adler, Joffrin, mais bien d’autres… pas de liste, c’est juste un exemple !), il y avait une part de sincérité, ou s’il s’agissait simplement de causer dans le poste ou ailleurs, de façon quasi continue, du moment qu’on est là…
Mais on ne peut pas savoir.  D’aucuns analyseront chez Val :

  •   Le résultat d’une carrière de comique raté (du temps du pathétique duo avec Font) assouvie dans l’achat d’un hebdo anciennement « bête et méchant »,
  •   un cas d ‘école de philosémitisme incurable, aboutissant très vite à des réactions véritablement antisémites dans ses propres soutiens (Pour attaquer Siné, dans Libé, Laurent Joffrin est allé jusqu’à  nous expliquer qu’il y avait une race juive ! (1) )
  •   une surproductivité incontrôlée de maladroites saillies (jamais un éditorialiste n’a été aussi mauvais orateur à la radio… C’est sur France Inter toutes les semaines !),
  • une seule et unique obsession : Casser la gueule à la gauche pour se faire bien voir de ses nouveaux copains, en faisant discrètement plaisir au pouvoir, afin de rester dans la course et dans la cour.

En définitive, on s’en fout. Contrairement à Voltaire, ce mec ne laissera pas tellement d’autre trace que quelques croisades médiatiques sans conséquences.  Mais je suis près à parier qu’il restera content de lui jusqu’au bout, à coup sûr ! Peut être, arrivera t’il à accéder auprès de ces amis au statut, tant convoité, de justicier pur et forcément maudit, victime brillante de partout… Tentative presque aboutie avec le (petit) retour de bâton qu’il a pris dans la gueule dans l’affaire du licenciement de Siné. « C’est dur d’être aimé par des cons » est sorti au cinéma.  Les cons ne sont pas allé le voir. Les cons regardent la télé. Manque de pot, les cons ne pouvaient pas faire autrement que de tomber sur Philippe Val un jour ou l’autre, puisqu’il devient presque aussi omniprésent que BHL. Nous sommes tous des cons  et il y a deux catégories de cons :

  1.   Ceux qui connaissent Val et qui se foutent de sa gueule,
  2.   Ceux qui n’en ont jamais entendu parlé et qui se demandent quel est ce bavard ennuyeux qui parlent longtemps à la télévision tard le soir et à la radio tôt le matin.

NON , C’EST UNE ESCROQUERIE…

Pour en finir avec son « intelligence modérée » louée par l’intelligentsia française des croisades hystériques de plateaux télés, je voudrais juste vous faire partager ce petit flagrant délit d’escroquerie intellectuelle, pour en finir peut être avec le prétendu sérieux qui entoure la réputation parisienne de ce garçon, dont personne ne doute plus aujourd’hui du véritable génie comique :

Il s’agit d’un extrait de feu l’émission «Culture et dépendances » animée par le saltimbanque Franz-Olivier Giesbert  (Encore un titre d’émission presque sincère… si seulement FOG avait  viré le mot « Culture »)


Val, Fog,et ChomskySource : France 3 -26/11/2003 titre : « La gauche, otage de ses radicaux ? »(2)Comme vous avez pu le constater, Philippe Val est effectivement capable d’enfiler pas mal de gags dans la même phrase, mais une fois retranscrite, on peut vraiment se rendre compte de toute sa puissance comique :« - Philippe Val : Par exemple le conflit israélo-palestinien…. Evidemment qu’il y a un soutien inconditionnel à Arafat dans certain cas qui n’est pas supportable pour énormément de gens de gauche qui savent pourquoi on construit l’Europe, qui savent pourquoi etc… C’est insupportable, on ne peut pas supporter ça, parce qu’on ne peut pas supporter de s’allier avec des antisémites islamistes, c’est impossible… IM-PO-SI-BLE… Voilà pourquoi on ne peut pas s’entendre, notamment.

-    FOG : Très bon papier d’ailleurs  sur Noam Chomsky dans Charlie Hebdo
-     P.V :  Oui… »

Pourquoi « d’ailleurs » ?

…OU DE LA PURE PARANOÏA, ALORS…

Faisons une pause, pour revenir sur ce fameux « très bon papier » de Philippe Val sur Noam Chomsky.

Les « très bon papiers » se résument effectivement à une extraordinaire litanie de perles enfilées pour essayer de démontrer ce qui est résumé ici dans cet extrait : En gros que
Noam Chomsky est un vieux fou, révisionniste pour le moins, antisémite assurément (qu’ils le sachent ou non, ils le sont tous !)…  Philippe Val l’avoue dès son premier article   :  « Je ne connais pas grand chose de Noam Chomsky… ».  Ce qui ne l’empêche pas de prendre le temps d’y consacrer  deux autres long éditoriaux,  de nombreuses chroniques radios, et d’en remettre une couche à chaque occasion, étant ainsi admis dans le prestigieux salon parisien des vieux détracteurs de Chomsky.

«
-    FOG : Oui, parce que c’est le héro d’Attac un peu hein ?  (…)
-    Bernard Cassen : Il compte beaucoup dans le débat public…
-    FOG : Il compte beaucoup, mais il est un petit peu dingo quand même non ?
-    P. V : Il y a des écrits de Chomsky qui sont, pour moi de la pure paranoïa… quand je vois qu’il dénonce le complot médiatique mondial…. »

D’un revers de la main, le « club des détracteurs parisiens de Noam Chomsky » l’ont systématiquement classé dans la catégorie « conspirationiste», exactement à l’opposé de ce qu’il démontre chaque jours depuis plus de cinquante ans….

TAKA LIRE CHOMSKY…

Tout ceux qui ont un peu lu Chomsky savent qu’il est un penseur rationaliste dont l’argumentaire  s’oppose logiquement à toute théorie  basée sur une supposée force de conspiration secrète qui contrôlerait tout dans une sorte de monde parallèle.
La farce est d’autant plus absurde quand Chomsky, amené à  justifier ses positions logiques, est accusé par les adeptes des mouvements pour la « vérité» d’être lui même un rouage du complot qui n’oserait pas affronter cette supposée vérité, cachée derrière toutes ces questions qu’il n’oserait pas poser, par obstination ou par peur…  Chomsky est clair : Il n’entre pas sur des débats techniques hypothétiques et ne prétend pas devenir ingénieur en génie civil  après une heure passée à regarder une vidéo sur Internet.*

Par la rigueur de sa démarche, Noam Chomsky  ne devrait provoquer aucune polémique  de ce type face à d’honnêtes « intellectuels », chroniqueurs, journalistes, etc..  Comme il le fait partout dans le monde, la grille de lecture qu’il propose devrait faire l’objet de polémiques opposant les interprétations qu’on peut en faire, « ferrailler » sur des idées… C’est le rôle des intellectuels, des philosophes, des artistes, et même des chroniqueurs … Les sujets de bagarre ne manquent pas, mais voilà…

Philippe Val n’a pas lu Chomsky,  ni pris le temps de l’écouter quelques minutes, préférant, par exemple, préparer de « brillantes » intervention à l’Université d ‘Eté du Medef (4) ou expliquer la Démocratie à la télévision et à la radio.  Il suffit  pourtant de quelques pages pour comprendre que toute l’hystérie qui étouffe  les « détracteurs parisiens » de Chomsky (ou d’autres penseurs classé dans sa catégorie) n’a strictement aucun sens.

Pour cela, il faut admettre qu’un « intellectuel »- voir même un livre - puissent servir à quelque chose, au  moins sur le plan strictement personnel, puisque rares ceux qui prétendent changer le monde ou dire « la vérité ».   Mais comment penser qu’un intellectuel comme Philippe Val ne lisent ceux qu’ils attaquent à tout bout de champs ?
La vérité est ailleurs ? Bah… Je sais pas, je suis trop con. Je vais lire un livre.

OU  UN LIVRE AU HASARD !

Ouvrons un livre… Pas trop chiant. Celui écrit par le comique américain Jerry Seinfeld par exemple. Les textes sont très court, c’est très bien. Dès le début Seinfeld compatit avec le libraire qui constate qu’un client peut passer deux heures dans les rayons et repartir sans rien acheter :

« Il y a vraiment de quoi devenir fou . Le libraire doit avoir envie de taper sur l’épaule du visiteur au moment où il s’apprête à sortir : Alors, comme ça vous savez tout ? Vous n’avez rien trouvé qui pourrait vous servir ? A défaut d’un livre qui vous passionne, on doit forcément avoir un bouquin qui vous intéresse un tout petit peu non ?! Et d’abord qu’est-ce que vous êtes venu faire chez nous ? On peut très bien se passer de vous vous savez. » (5)

A peine ai-je terminé cet article que je me demande déjà pourquoi autant de lignes provoquées par Philippe Val… Il a raison le bougre ! Voltaire, reviens !  On est tous devenu fous !

A écouter aussi,  le revirement intelligent et modéré de FOG sur Noam Chomsky ici :
Extrait FOG à France Inter Mai 2007

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*En complément : Lire  absolument (si vous avez 5 minutes) :  Bakchich blogs sur Chomsky et le « conspirationnisme » 

(1) Libération du 25.07.2008 (Lire article de Michel Davesnes sur Acrimed )

(2) le point d’interrogation, c’est pour faire comme si la réponse n’était pas dans la question ! (3)

(3) Et mon point d’exclamation, c’est juste pour me moquer… mais ne faîtes pas attention, on est tous le moqueur d’un autre…

(4) Voir la vidéo d’extraits proposés par Pierre Carles

(5) « Le monde selon moi » Jerry Seinfeld (Ed Chiflet &Cie)

Quelques articles au hasard :