vive-la-crise600.jpgQue dit l’économie cette semaine ? Comme d’habitude : Qu’elle nous chie dessus.

« Que dit l’économie cette semaine ? » est le slogan de la revue Challenge( avec un petit s, comme salauds), qui cette semaine, nous chie plusieurs fois dessus. D’abord en titrant : « Vive la crise ». Salauds !

 

Référence à cette fameuse émission des années 80 présentée par Yves Montant (que ses os restent en paix), le « vive la crise » de Challenge ( avec un petit s, comme sans foi ni loi) du 10 décembre 2009  fait un classement annuel des patrons performants du CAC 40. Sans vergogne, l’hebdo économique nous explique d’abord la méthodologie qu’il a utilisée :

« La performance a été mesurée en fonction d’un triple objectif assigné aux dirigeants : Assurer le développement de l’entreprise tout en accroissant sa rentabilité et sa valeur pour les actionnaires ». C’est clair.

Avec la crise, ils n’ont pas changé grand chose – signe de leur mépris total pour nos gueules  – à part ceci : « Il nous est apparu qu’il fallait prendre en compte la résilience, ‘capacité de se développer en surmontant les chocs’, selon Le Robert » précisent la rédaction.  Cette  « résilience » , les patrons du CAC 40 la font avec les milliards pillés à travers les aides d’Etat, c’est à dire la notre, et sans nous consulter bien sûr. C’est ce qu’ils appellent aussi “la libre entreprise”.

Mais venons en tout de suite au classement des barons voleurs, établie par la liste de Challenge (avec un petit s comme saloperie de merde) :

Le numéro 1 est Patrick Kron, PDG d’ALSTOM, Chiffre d’Affaire 18,7 Milliards.

C’est aussi le roi des Stock options  avec 12,195 millions d’euros en 2008-2009, il se sucre encore de 3 millions d’euros de bonus, un record en pleine crise. Déjà décoré de la légion d’honneur et de l’ordre du mérite (autres listes destinées à compléter votre liste évoquée plus haut si vous suivez… )

Au passage, si vous avez encore quelques minutes, regardez comme le pantin présidentiel lui lèche le cul tout en essayant de baiser les ouvriers d’Alstom en leur faisant croire qu’il est comme eux (attention classé X) : http://www.dailymotion.com/video/x8pexw_nicolas-sarkozy-chez-alstom-a-ornan_news

La liste de Challenge (avec un s comme ss… heu, non pardon SS ce sont des grands S) correspond à peu près à celle des plus grosses Stock-options de l’année.

-> Voir L’Expansion du 18/12/2009 :  Stock-options : ces dirigeants qui touchent encore le jackpot

 

On y retrouve bien sûr toutes les boites qui on profité de la crise. Comment ? Par leur seul talent ?

Le talent de Didier Lombard, PDG de France Télécom-Orange, recordman du nombre suicides dans son entreprise ? Il occupe quand même la 13ème place du classement des patrons les plus performants, quel talent ! C’est ce qu’ils appellent aussi « la performance ».

Outre le talent de presser leur personnel jusqu’au suicide, le plus grand talent de ces PDG gavés de stock options est de ramasser un maximum de marché publics, c’est à dire de se démerder pour que les collectivités locales et l’Etat (nous donc) leur paye généreusement leurs services, à eux plutôt que d’autres (parce que ce sont les meilleurs bien sûr). C’est le cas de Bouygues, Vinci, Vivendi, etc…  Ces ultra-libéraux, qui se dégoulinent à chaque page des journaux économiques, ne doivent leur salut qu’à intervention permanente de l’Etat et de leurs copains, bien placés à la tête des décisions budgétaires. C’est ce qu’il appellent aussi « le libéralisme ».

Ensuite, il suffit de faire bosser des filiales, qui elles mêmes exploiteront des sans papiers ou autres miséreux, partout dans le monde, déglingueront autant qu’ils peuvent toute règle censée protéger les individus contre l’esclavage, globalement assez mal salarié, s’attaqueront systématiquement à tous les acquis de la démocratie, pour la seule motivation du profit maximum pour eux-mêmes, jusqu’à la destruction du reste de l’humanité, si ça justifie encore plus de profit pour eux et leurs copains. C’est ce qu’ils appellent aussi « la création de richesses ».

Et puis, au bout d’un moment, avec la complicité des gouvernants, ils écrasent tellement de gens qu’ils restent les seuls sur le marché et on est bien obligé de faire appel à eux, notamment pour répondre aux grands projets de relance par le haut, grosse arnaque organisée par le président Sarkozy sur le dos de la crise. Ils se partagent le gâteau, toujours plus gros pour eux, laissant toujours moins de miettes. C’est ce qu’ils appellent aussi « la libre concurrence ».  

En 2004, l’ultra libéral Alain Madelin leur a même créé un outil spécial pour pomper le fric public : le PPP (contrats de Partenariat Public Privé).  Le principe est qu’une entité publique peut confier à un seul opérateur privé la construction d’équipements, hôpitaux, ligne de chemin de fer, école, prison… Construction dont ils assureront l’entretient pendant quarante ans si ça leur chante. Tout ça payé sous forme de loyer. Une rente juteuse, qui a même été dénoncée en 2007 par la Cour des comptes tellement ça se voit.

Alors, quel challenge (sans s ) pour ces rois du libéralisme que d’être entièrement soutenu par l’Etat en temps de crise pendant que la France d’en bas crève dans la rue, au boulot, sous les balles des flics, en prison, dans les hôpitaux en sous effectifs… ?

 Il est toujours étonnant de constater à quel point les plus gros brigands sont toujours les plus arrogants. Mais il est encore plus étonnant qu’ils fournissent eux mêmes les listes des noms pour le jour où leurs victimes finiront par ne plus se balancer seuls par la fenêtre.

 

 

 

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