Vous vous souvenez du foin qu’ils ont fait toute l’année avec les acquis du “Grenelle de l’environnement”, la taxe carbone, le film de propagande HOME ? Retour sur l’escroquerie qui se termine naturellement par une légion d’honneur.
A Sarkoland, on a tendance a ne plus vraiment avoir le temps de s’arrêter pour regarder un peu en arrière tellement les escroqueries s’enchainent dans l’agenda hystérique fixé par l’Elysée.
Un des plus beaux enchaînement fut la transformation en gentils écolos, des vautours qui ont justement toujours méprisé la question jusqu’à y trouver un intérêt soudain : Voilà une nouvelle religion sur laquelle surfer !
Voici ce qu’on trouve dans les FNAC et qui résume plutôt bien la situation :
L’avenir, c’est encore une bagnole… pour aller au turbin.
Grenelle, « Entrons dans le monde d’après »
Avant d’en arriver là, il y a eu d’abord l’escroquerie des soit disant accords du soit disant environnement du soit disant Grenelle. Et dont, la loi du même nom accouche de… pas grand chose.
Les grands axes (voir http://www.legrenelle-environnement.fr/spip.php?article1076) annonçaient vaguement la couleur à qui lit entre les lignes. Les initiateurs ne prenaient déjà pas beaucoup de risques avec les vrais responsables du marasme, c’est à dire les quelques familles et multinationales dont la propre religion est la course au profit maximum (pour elles et quelques autres), quel qu’en soit le prix pour le reste du monde. Pour les autres, religion écologie. L’essentiel du discours et de la méthode restent le même qu’avec les anciennes église : La culpabilisation. Le peuple doit subir et se débrouiller comme il peut face aux décisions des puissants, qui eux s’en foutent pas mal.
Au peuple de faire attention quand il se brosse les dents, de trier ses poubelles comme un grand, de vivre dans le froid et dans le noir s’il faut, de ne pas prendre sa bagnole pour aller bosser, mais de racheter quand même des voitures neuves qui polluent moins, de travailler plus, encore et toujours, pour enrichir les mêmes qui se foutent totalement de la planète, de tes gosses, de ta mère et du reste. Avec Grenelle, comme le dit leur propre slogan, « on est entré dans le monde d’après ».
Et le monde d’après, continue à se moquer de nous.
Le plus grand spot de propagande jamais réalisé en France fut HOME de Yann Arthus-Bertrand. Jamais un film n’avait bénéficié d’une aussi grande diversité de diffusion, accompagnée d’une énorme campagne publicitaire : Omniprésence sur les chaines de télévision, campagne d’affichage (comme la photo prise ci dessus dans le métro, et encore affichée deux mois après la sortie du film), cinéma, télé, web, dvd… gratuit ou pas cher. Personne ne devait y échapper.
Le film était produit par Luc Besson, essentiellement financé par le groupe Pinault Printemps Redoute (PPR), à grands renforts de sponsors et divers partenaires inattendus dont l’Elysée, qui a payé quelques copies 35 mm… La contradiction était énorme, mais le cinéma coûte cher, alors bon… Il fallait trouver l’argent. Mais pour quoi faire ? Évidemment, le réalisateur, dont je ne doute même pas de la bonne foi, est de ceux qui pensent changer le monde avec un film. Ok. Pas de problème, j’ai rien contre. Le problème est de savoir ce qu’on veut changer.
Pas grand-chose en fait.
D’une pierre deux coup, on gagne les élections
Souvenez-vous. Le Vendredi 5 Juin 2009, deux jours avant les élections européennes, France 2 diffuse HOME. Contre toute attente, l’UMP remporte l’élection. Certes, avec peu de votants (taux de participation de 40.63%, soit le plus bas de l’Histoire !), mais en politique, seule la victoire compte.
Et pourquoi cette victoire ? Parce que les Verts font un score exceptionnellement haut, au niveau du PS.
Bien sûr, il ne s’agit pas d’un petit complot bien huilé et totalement orchestré à huis-clos de A à Z (le croire serait leur donner encore bien trop de crédit à ces imbéciles qui n’ont qu’un seul talent : le surf). Beaucoup de paramètres entrent en compte pour une élection, notamment le talent (ici des Verts) à passer à la télévision.
Mais le vote vert est volatile. Voter pour la planète ! Je ne connais personne qui a envie de voter contre la planète… Ce qui est volatile peut être capté. Pour le pouvoir, tous les moyens sont bons pour y rester. L’UMP a compris depuis un moment qu’il faudrait surfer sur l’écologie, d’une façon ou d’une autre. Le monde de l’entreprise aussi. L’alliance du très sarkoziste milliardaire François Pinault et de quelques autres opportunistes n’est pas une surprise, ni un grand complot secret.
Globalement n’importe quoi
La propagande HOME n’avait certainement pas ce but précis, mais elle s’inscrit dans une propagande générale qui s’est déployée sur ce cycle qui se termine en beauté avec l’échec du lamentable sommet international de Copenhague et le fiasco national du rejet du projet de loi de taxe carbone par le Conseil Constitutionnel français.
Ainsi, HOME, Le plus gros clip de propagande jamais réalisé s’inscrit dans une politique globale qui consiste à :
- Culpabiliser les gens individuellement plutôt que de faire une vraie remise en cause du système capitaliste ( ne pas laisser l’eau couler quand vous vous brosser les dents, mais ne rien pouvoir faire devant la centrale nucléaire qui fuit)
- Soutenir un capitalisme qui serait miraculeusement “moralisé” et bien sûr conquérir de nouveaux marchés pour “changer son mode de consommation” , “consommer autrement” (voitures propres, yaourts bio industriels, les livres et films de Arthus-Bertrand, etc…)
- Faire voter comme on veut, n’importe quoi estampillé “Bio”… UMP-écolo s’il faut, et même pour les Verts plutôt que Bayrou ou PS !
Le bon côté de la terre (qui comme chacun le sait, est plate)
Récupération, propagande… Rien de neuf. Que les Verts en profitent pour porter leurs meilleures idées au Conseil Européen, tant mieux. Que Copenhague soit un échec qui se voit aux yeux de tous, tant mieux. Que Sarkozy, Borloo and co, se tortillent dans tous les sens pour essayer de nous embrouiller sur l’écologie, tant mieux. Tout ça est le signe que les actions des mouvements écologistes ont fini par se faire entendre au delà de ce qui était considéré comme une bande de farfelus marginaux dans les années 70. Aujourd’hui, même si on n’en croit pas un mot, Borloo parle comme René Dumont.
Mais, aujourd’hui, on sait à peu près comment la terre tourne et on ne nous fait plus gober des vessies et des lanternes… Ok ?
PS de Dernière minute : Yann Arthus-Bertrand est de la cuvée 2010 des personnalités décorées par Sarkozy au grade de Officier de la légion d’honneur !







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