haiti.jpg« Haïti, Terre maudite », titre aujourd’hui le quotidien Libération. « Haïti, la malédiction », annonce Le Monde.fr. Maudite, Haïti ? Certes ! Mais par qui,  sinon par les pays qui depuis des décennies l’ont occupée, soumise, et spoliée, ont massacré ses habitants, ou installé des gouvernements fantoches à leur solde ?

Tour à tour l’Espagne, la France (à laquelle l’île, après avoir gagné son indépendance en combattant, a du racheter une à une ses terres, pendant des décennies), et les Etats-Unis ont profité des siècles durant de la situation géostratégique de ce petit bout de terre, de ses pauvres « richesses », en méprisant totalement ses habitants.

Il est heureux aujourd’hui  de constater la rapidité et l’ampleur des moyens mis en œuvre pour venir en aide à un des peuples les plus pauvres de la planète.

Mais il ne faut pas que cet élan magnifique de générosité fasse oublier les vraies raisons de la pauvreté de ce pays, raisons qui ne doivent rien à une quelconque malédiction divine !.

Il ne faut pas oublier qu’une répartition moins extraordinairement injuste des richesses mondiales aurait pu, depuis longtemps, permettre au peuple haïtien de vivre dans des conditions décentes, dans des habitations solides, avec des infrastructures modernes, et de quoi manger et boire normalement.

La souffrance supplémentaire qui frappe aujourd’hui ce peuple, elle n’est pas due qu’à la malédiction d’un tremblement de terre, à la « faute à pas de chance » : elle est la conséquence de siècles d’oppression politique et économique de la part des pays riches, et de la part d’un capitalisme international qui n’a jusqu’à aujourd’hui porté aux haïtiens un mépris hautain.

Il est trop tard, aujourd’hui, pour réparer un drame qui aurait pu en grande partie être évité. Il est juste temps de compter les morts et les blessés, et de laisser les survivants à leur malheur, malgré les moyens déployés, et d’apitoyer les bonnes consciences. Comme on soignerait les plaies d’un enfant qu’on a maltraité, en le plaignant d’avoir mal.

Une « charité » évidemment honorable, une solidarité humaine qui fait chaud au cœur… Mais aussi une dépense d’activités  - soyons aussi cyniques que le capitalisme international – qui s’avérera au bout du compte plutôt bonne pour la croissance économique et le PIB des pays engagés !!!

Ce monde est cruel. Changeons-le. Vite !

Bruno

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