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Alors que l’Art de la Table à la française vient d’être admis au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, les gens de culture et de traditions comme moi ne peuvent que s’en réjouir. Mais comment ne pas regretter qu’il n’en ait pas été de même pour l’anthropophagie quand il en était encore temps.

En effet ce moyen de sustentation plus que millénaire n’est plus aujourd’hui pratiqué par personne, les derniers adeptes de cette coutume ayant fait l’erreur fatale de se manger entre eux et donc les recettes culinaires qu’ils pratiquaient pour s’entre-dévorer nous sont maintenant totalement inconnues. Comment consommer son prochain ? Comment l’accommoder pour qu’il soit plaisant au palais ? Mystère et boule de gomme. C’est bien dommage car si on n’y prend garde, lors des famines sévères à venir, les gens contraints de se manger le feront alors n’importe comment. Comme des sauvages.

Voila pourquoi je suis heureux que la revue “Miam-Miam” ait consacré son numéro hors-série de Juillet à ce sujet. On y apprend entre autre anecdote que la fameuse blague : “Tu aimais bien ta grand-mère ? Reprends-en un morceau…” serait d’origine Papou. C’est toujours bon à savoir, non ? En tout cas, ça peut nourrir une conversation.

Plus sérieusement. La revue conclut en le regrettant que l’évolution des moeurs, la vie moderne et même l’aspiration des populations à une vie plus saine ne militent pas pour un retour prochain du cannibalisme dans nos sociétés et hormis lors de conflits particulièrement barbares ou de luttes tribales exceptionnellement dégueulasses, il semble bien que l’anthropophagie n’ait pas un avenir pérenne. Bien loin du rite sacré qu’il fut, le cannibalisme ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir pour la majorité de l’humanité et risque de n’être plus pratiqué que ponctuellement et alors de façon maladive par de sordides assassins nécrophages sans foi ni loi, totalement dépourvus du moindre savoir vivre.

Et c’est probablement vrai ! Prenons ne serait-ce que le cas de la pillule contraceptive. C’est un réel problème pour tous ceux qui se refusent à consommer un tant soit peu de la viande aux hormones. J’ai tort ou comment ?

C’est bien simple, lorsque j’ai envie de me mettre à la diète, il me suffit d’imaginer que je suis en train de manger ma
femme et immédiatement ça me coupe l’appétit. Pas vous ?

Lopez.

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